À l’heure actuelle, peu d’intervenants ont eu l’occasion de concevoir et construire des ouvrages en adoptant le mode de Réalisation de projet intégrée (« RPI / IPD »).
Plusieurs d’entre eux souhaiteraient néanmoins se familiariser avec les concepts sous-jacents, sans nécessairement « faire le grand saut ».
L’une des solutions qui s’offre à eux prend appui sur un mode bien connu : la Gérance de construction pour services et construction de type CCDC-5B.
Voici une illustration de la manière dont ce type de contrat peut être paramétré de façon à s’initier à certains principes d’un contrat collaboratif :
- Les Honoraires du gérant de construction sont établis à un montant fixe (article A-5), dont la totalité ou une partie sera « à risque »;
- Les barèmes établis pour le coût de l’ouvrage sont établis en évitant qu’il ne s’y trouve du profit déguisé (article A-7);
- Une contingence est ajoutée à l’estimation de classe A, pour constituer un prix maximum garanti (article A-8.2);
- Les droits de rajustement du prix maximum garanti sont limités, ne tenant compte que des éléments à l’égard desquels les parties n’ont pas établi de contingence, par exemple vis-à-vis des avenants ou directives de modification (CG 6.2 et 6.3);
- Les risques et opportunités relatifs au prix maximum garanti (A-8.3) sont établis d’une manière telle qui la suivante :
- Les économies sont partagées entre les parties (d’une manière cohérente à la valeur des honoraires du gérant de construction qui sont « à risque »);
- Les dépassements (du moins, ceux qui ne sont pas sujets à des droits de rajustements) sont assumés de la manière suivante :
- 100 % par le gérant de construction jusqu’à concurrence de la valeur de ses honoraires « à risque »;
- Puis, une fois cette valeur épuisée :
- Le maître de l’ouvrage supporte les coûts de l’ouvrage (barèmes sans profits déguisés);
- Le gérant de construction ne reçoit pas d’honoraires additionnels sur ces coûts, ou selon le cas, en reçoit une valeur limitée (par exemple, pour tenir compte de ses frais de siège social);
- La phase de la préconstruction doit favoriser la recherche d’économies calendaires ou financières, de même que l’intégration potentielle d’éléments à valeur ajoutée (Annexe A1);
- Les limites de responsabilité peuvent finalement être paramétrées différemment (Partie 12), par exemple afin que les recours entre les parties soient réduits à ceux dont l’ordre public empêcherait l’exonération (faute intentionnelle ou lourde, perte de l’ouvrage, etc.).
Bien entendu, il ne s’agit pas d’une pure et intégrale modélisation de type réalisation de projet intégrée (sous réserve d’y intégrer d’autres acteurs du risque, tels que les professionnels), mais il s’agit certainement d’une manière de se familiariser avec cette approche.